Suis-je, suis-je, suis-je belle?

Mise en scène
Laurent Meininger


Chant
Priscille Cuche
Contrebasse
Agnès Doherty


Décor
David Thébaut

 

Production 

l’Archipel-Fouesnant (29)
Compagnie Forget me not


Avec le soutien

Conseil Régional de Bretagne

 

Dossier à télécharger

Le spectacle parle de la femme et de l'amour, mais c'est sûrement plus large que ça...Je voudrais que ce soit un peu provocateur et militant tout en restant doux et drôle, en tout cas IRONIQUE sur la femme et l'homme, parce qu'on n'a toujours rien compris d'un coté comme de l'autre, et c'est ça la grande affaire.

Ce qui rassemble ce répertoire en dehors de ces variations sur le même thème, c'est la traversée de la chanson populaire ancienne ou moderne, de la variété et du tube de radio. On y trouve quelque chose de commun, qui touche directement, comme un air d'enfance oublié. C'est ça qui me plait, la rengaine que tout le monde connaît sans la connaître et qui parle presque toujours de la même chose, de la difficulté des femmes et des hommes, des ambivalences et du drame tendre et risible de ces rapports humains.

..En d'autres termes, il s'agit du génial répertoire d' Yvette Guilbert en relation avec quelques chansons d'aujourd'hui, maniant comme elle l'ironie, la tendresse, la férocité et l'humour.

Yvette Guilbert est la grande interprète du caf'-conc' du début du XXème siècle.

Elle va traverser un demi-siècle, cherchant partout, dans le répertoire réaliste comme dans la chanson ancienne, du Chat Noir aux grandes salles parisiennes, ce qui peut témoigner de l'intrépidité du désir qui n'épargne personne, pas plus les femmes essayant d'échapper à leur condition que les hommes, héroïques marionnettes politiques.

Première «diseuse fin de siècle» comme la caractérisaient ses contemporains, elle est sans doute une des premières chanteuses modernes, explorant le registre grave, le parlé-chanté, avec une grande liberté, dégagée des codes féminins de l'époque.

Provocante, paradoxale, elle témoigne avec distance, humour et férocité de la condition de la femme,  de la sexualité, de l'amour.

Elle enregistre encore à 63 ans, en 1928: «Dites, dites, dites-moi, suis-je belle ?»  et cette éternelle question est à entendre comme un ordre, une supplication, une injonction, une prière venant jusqu'à nous, identique, la même.

Comme un autre regard, des chansons de la variété d'aujourd'hui ou de la chanson à texte : Christophe, Manset, Fontaine, Camille, Durif... viendront répondre et mettre en perspective ce répertoire comme une variation sur le même thème.