La compagnie

Directeur artistique
Laurent Meininger


Administration
Valérie Tellier

 

Président
Mikaël Laurent

Aller au théâtre est une initiative personnelle qui n’est pas évidente à entreprendre. La vie est trop urgente, le spectacle du monde trop tragique, les modes de vie ont changé et cette initiative n’apparaît plus comme une nécessité culturelle et sociale.

Lorsque je suis entré au conservatoire de Bordeaux, je n’avais jamais mis les pieds dans un théâtre public. N’ayant pas fait d’études, les auteurs, les œuvres, m’étaient totalement inconnus et représentaient plutôt le côté rébarbatif du théâtre. Je pensais à Jean-Paul Belmondo et le reste n’avait que peu de valeur à mes yeux.

Un jour, je rentre au Théâtre National de Bordeaux pour voir Le Journal de Ninjiski,avecRedjep Mitrovitsa, que mettait en scène Isabelle Nanty, puis Porcherie,de Pier Paolo Pasolini, que Stanislas Nordey mettait en scène.

Ce fut un tel choc de voir ces acteurs s’exprimer, d’entendre de tels mots, que je reste marqué par ces expériences.J’ai  compris que par le théâtre pouvait s’exprimer l’universalité de nos humanités communes. J’ai compris que la beauté était noble, citoyenne, et populaire. Que l’endroit du théâtre était sacré et qu’il s’y opère une sorte de communion, un recueillement entre les gens présents. Un moment de paix.

Le monde ne hurle-t-il pas ? N’a-t-on pas souvent l’impression que tout va exploser d’un moment à l’autre ? Sommes-nous vraiment dans un monde ou la justice prédomine ? Autant de questions que je me pose et qui contribuent à mes choix artistiques. Mettre en scène est une manière de donner la parole à ceux qui n’ont plus de voix. C’est réparer l’injustice et dénoncer le scandale qui se perpétue.

Notre démarche consiste à créer des textes d’aujourd’hui qui s’adressent au plus grand nombre, là est notre désir, notre nécessité absolue. Travailler vers un « théâtre de l’essentiel » ne pas recourir au superflu est notre état d’esprit. Notre théâtre doit fédérer par sa pensée, par ses convictions. Face à l’évasion vulgaire, au soulagement facile que proposent les médias de masse, le théâtre doit œuvrer de toute son âme pour fédérer un public d’aujourd’hui sans oublier jamais que la beauté, la poésie, la qualité, l’intelligence sont les fondements de sa légitimité.

La compagnie Forget Me Not est soutenue par la Drac, la Région Bretagne, La ville de Rennes, Spectacle vivant en Bretagne, la Spedidam, l’Adami.

 
Laurent Meininger